Le Bénin face au terrorisme en 2025 : 166 dossiers déjà traités

 


🔍 Contexte & bilan 2025

Lors de la rentrée judiciaire du 10 octobre 2025 à Cotonou, le procureur spécial de la Criet (Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme), Mario Mètonou, a livré un constat parlant : 136 dossiers de terrorisme déjà traités en 2025.
À fin septembre 2025, le nombre de détenus pour faits de terrorisme s’élève à 770 personnes, dont 31 femmes.

On observe une tendance contrastée :

  • En 2019 : 29 procédures

  • 2020 : 31

  • 2021 : 65

  • 2022 : pic à 285

  • 2023 : 159

  • 2024 : 111

  • 2025 (jusqu’à fin septembre) : 136

Ce cheminement suggère que le Bénin n’est pas à l’abri d’une recrudescence de l’activité terroriste, mais qu’il existe aussi une capacité accrue de la justice à réagir.

🎯 Ce que ça nous enseigne (et ce qu’il reste à faire)

✅ Points positifs à saluer

  1. Capacité de réponse renforcée
    Le fait que la Criet puisse traiter plus d’une centaine de dossiers en moins d’un an témoigne d’une justice spécialisée plus aguerrie.

  2. Visibilité accrue de la menace
    La publication régulière des chiffres contribue à briser le silence autour du terrorisme et à mobiliser l’opinion publique.

  3. Développement institutionnel
    L’augmentation des cas traités montre que les capacités (humaines, techniques, juridiques) sont en progression — sinon la cour ne pourrait pas absorber cette charge.

⚠️ Les défis à relever (et vite)

  1. Qualité vs quantité
    Traiter un dossier, c’est bien ; l’instruire et le juger selon les standards de l’État de droit, c’est mieux. Le risque de décisions bâclées ou de procédures jugées inéquitables ne doit pas être ignoré.

  2. Détention prolongée & droits humains
    Avec 770 détenus pour terrorisme déjà, la question des conditions de détention, des garanties procédurales et du respect des libertés fondamentales se pose avec acuité.

  3. Prévention & radicalisation
    Une justice forte ne suffit pas si elle n’est pas accompagnée d’actions de prévention, de programmes de déradicalisation et d’inclusion sociale.

  4. Coopération régionale & internationale
    Le terrorisme ne connaît pas les frontières. Le Bénin doit fédérer ses efforts avec les voisins, partager le renseignement, et harmoniser les instruments légaux.

  5. Ressources & formation continue
    Pour absorber un volume croissant de dossiers, il faut former les magistrats, enquêteurs, analystes, et investir dans les technologies (cyberguerre, surveillance, etc.).


🚀 Une vision tournée vers l’avenir

Pour que ce bilan ne soit pas un simple instantané, mais le tremplin d’un progrès durable, je propose cette feuille de route :

Axe stratégique Action prioritaire Indicateur de succès
Renforcement judiciaire Création d’un pool spécial terrorisme + formation ciblée Délai moyen d’instruction réduit de 30 %
Protection des droits Surveillance externe (ONG, instances judiciaires) Nombre de recours acceptés pour irrégularités < 5 %
Prévention / insertion Programmes dans les communautés à risque Réduction mesurable des signalements de radicalisation
Partenariats Protocoles avec pays voisins + agences internationales Nombre d’opérations transfrontalières conjointes
Innovation & technologie Plateformes d’IA / analyses prédictives Taux de détection anticipée > 20 %

💡 Que retenir ?

Si le Bénin affiche une progression utile dans la réponse judiciaire à la menace terroriste, le véritable pari n’est pas dans le nombre de dossiers traités, mais dans l’équilibre entre efficacité, justice et prévention. Le terrorisme ne s’arrêtera pas parce qu’on est plus sévère, mais parce que les causes — pauvreté, exclusion, idéologies extrémistes — seront traitées.

Pour les acteurs publics, la justice, les forces de sécurité, la société civile et le secteur privé : c’est maintenant qu’on pose les fondations d’un Bénin résilient, capable de conjuguer sécurité et liberté.

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